Mon combat pour en parler autour de moi

« Ma maladie a commencé en début de 3ème, j’avais 14 ans. Aujourd’hui, j’ai 22 ans.
J’ai commencé à avoir des maux de ventre, j’allais aux toilettes très fréquemment et il y avait des saignements dans les selles. La première fois, j’ai cru que j’étais réglée. En fait, ce n’était pas ça. Mais comme j’avais pas besoin qu’on s’occupe de moi, j’ai dit à ma mère que j’étais réglée. Heureusement, mes règles sont arrivées un mois après !
Les saignements m’ont beaucoup inquiétée. J’ai tout de suite associé ces symptômes au cancer, j’ai eu peur que ce soit ça.
Je n’en ai parlé à personne pendant un an, et pourtant je souffrais beaucoup. Ça a été la pire année de ma vie. Je me suis concentrée sur l’école, je n’ai fait que travailler, travailler, travailler.J’ai beaucoup écrit, aussi, en m’adressant à ma maladie, en lui parlant.
J’ai cherché sur internet, dans des encyclopédies médicales, et j’ai découvert toute seule ce que j’avais. Ensuite j’ai appelé le Fil Santé Jeunes : j’ai menti en disant que j’avais une copine qui avait une recto-colite hémorragique, que je voulais savoir si c’était grave et comment l’aider.
À l’entrée au lycée, je n’allais pas bien du tout, j’avais perdu du poids, alors je me suis décidée à en parler à ma mère. Je lui ai décrit mes symptômes, en lui disant que j’avais un peu regardé et que je pensais que c’était une RCH. Après ma première coloscopie, je me suis réveillée, j’ai pris mon dossier, il y avait noté « RCH », et je me suis rendormie en disant « je le savais ».
Lors de ma première hospitalisation, je ne voulais pas que ma mère en parle à mes amis, qu’ils sachent que j’étais en gastroentérologie, qu’ils viennent me voir. C’est ma grande sœur qui les a appelés, ils sont tous venus, et ça a été un déclic. Au fur et à mesure, j’ai expliqué de plus en plus de choses sur ma maladie.
Aujourd’hui, je peux en parler facilement. Si on le vit bien soi-même, ça se passe bien avec les autres. Et puis tout le monde a eu, au moins une fois dans sa vie, une gastro ou une diarrhée. Ça n’a pas été facile mais je suis heureuse, j’essaie de ne plus me créer des problèmes là où il n’y en a pas. »

Charlotte, 22 ans.

Pierre Lutic

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